Petit Séminaire Collège Saint-Martial, Haïti
"Saint-Martial, une force, une tradition, une famille."
dimanche 24 septembre 2017
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Le Père Antoine Adrien

Antoine Adrien était un homme d'une nature ardente, doué de multiples talents. Né aux Cayes en 1922, il est attiré par la vie religieuse et entre chez les Spiritains.


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Article

Au PSCSM, UNE ÉDUCATION D'EXCELLENCE POUR TOUS

« Liste des articles


Conférence prononcée par Mr Guy Paul (membre de l'Association Amicale des Anciens du PSCSM et ancien Ministre de la Culture) le 12 Juin 2015 au Petit Séminaire Collège Saint Martial dans le cadre des activités commémoratives de la clôture de l'année jubilaire tri cinquantenaire de notre Alma Mater... "C‘est avec un immense plaisir et une grande joie que j’ai accepté le choix qui a été fait de ma personne, par l’Amicale des Anciens de Saint Martial, en vue de prononcer une conférence dans le cadre du Jubilé des 150 ans de la création du Petit Séminaire Collège Saint Martial. Le thème retenu est Au Petit Séminaire Collège Saint Martial : Une éducation d'excellence conçue pour tous." Mr Guy Paul.

Conférence du jubilé des 150 ans de la création du Petit Séminaire Collège Saint Martial (PSCSM)                                                                                                                                

Au Petit Séminaire Collège Saint Martial : Une éducation d'excellence conçue pour tous  (Guy Paul - 12 Juin 2015)

1865-2015… le Collège St-Martial fête son jubilé : 150 ans d’existence !

« Une histoire parsemée de multiples rebondissements…

Une histoire d’hommes avant tout: ceux qui, du sein de la Congrégation du Saint-Esprit, ont entrepris d’offrir un outil pédagogique de grande qualité à la jeunesse d‘Haïti, de faire vivre et de bonifier cet outil au fil des ans, et ce envers et contre toutes les difficultés rencontrées.

Une histoire d’hommes aussi parce que le Petit Séminaire Collège Saint-Martial a formé des générations de jeunes haïtiens engagés dans la vie et la société, forts non seulement d’un riche savoir intellectuel mais aussi des valeurs humaines et spirituelles indispensables à leur statut d’hommes et de citoyens responsables.

Une histoire de lieux enfin parce que l’éducation ne va pas sans le cadre qui l’abrite. Et ces lieux, aujourd’hui, sont dévastés.

Cette conférence couvre le contexte historique passé jusqu’en 1969, année du départ des religieux; Saint Martial sous la direction des diocésains après le départ des Spiritains ; le retour d’exil des prêtres, certaines réalisations des Pères du St Esprit, ma vie à St Martial, les éléments d’une éducation d'excellence conçue pour tous qui englobent le programme d’enseignement, la formation des maîtres, la réelle prise en charge des élèves, les relations avec les parents et les résultats des valeurs d’excellence à travers certains temoignages.

Ti-Seminè :

Mwen sonje tilakou

Mwen sonje granlakou.

Mwen sonje kay beton.

Sa mwen sonje sitou, se moun.

 

Charles Clermont (1954-1967)

 

Historique du Petit Séminaire Collège Saint Martial

Je commencerai par un bref  historique du Petit Séminaire Collège Saint Martial, Cette  partie prend en compte aussi certains points déjà publiés par d’autres auteurs.

En 1843, un premier Spiritain, le Père Eugène Tisserant (de mère haïtienne) arrive en Haïti avec pour tâche de trouver un accord entre le Saint-Siège et l’État Haïtien. En éclaireur courageux, le Père Tisserant est reconnu comme le fondateur de la mission spiritaine en Haïti.

En 1860, après une absence de quelques années, les Spiritains reviennent définitivement au pays avec le Père Jean-Baptiste Pascal comme administrateur apostolique, ayant pour mission d’organiser l’Eglise et de préparer la venue du premier évêque de Port-au-Prince.

La Convention du 17 Juin 1862 donne à l’Église et aux religieux le droit de s’investir dans l’éducation, ce qui permettra la construction du Petit Séminaire Collège Saint Martial (PSCSM).

 

Il revint à Mgr Martial Têtard du Cosquer, premier archevêque de Port-au-Prince, de fonder le Petit Séminaire Collège Saint Martial. Par une publication en date du 15 mars 1865, il annonça l’ouverture prochaine du Petit Séminaire à Pétion-Ville. Puis le Collège descendit à l’habitation Tweedy à la Ravine Pintade avant de s’établir définitivement à sa présente adresse à la Rue des Miracles.

En 1868, les locaux du petit séminaire étant devenus trop exigus, l’Evêque décide de déménager le petit séminaire vers le centre-ville de Port-au-Prince sur le terrain actuel, don du Président Nissage Saget, pour la construction de l’école. La pose de la première pierre du petit séminaire a eu lieu en avril 1870. La direction en fut confiée aux spiritains et le père Jean-Louis Simonet en devint le premier directeur. En Août 1871, le Petit Séminaire accueille sa première cohorte de cent élèves. En 1875, Saint Martial, qui compte 300 élèves, se développe rapidement. Il mise sur la modernité et l’excellence en éducation.

En 1897, est créé l’association de l’Amicale des anciens élèves de St-Martial.
Une organisation qui perpétue la tradition éducative, le sens de la citoyenneté, la solidarité avec la Congrégation du Saint-Esprit et les liens fraternels depuis presque 120 ans ! Elle compte aujourd’hui quelques 200 membres et de nom- breux sympathisants.                                                                   
 

Plus tard, en 1904, le PSCSM, adopte formellement les programmes scolaires officiels haïtiens. Dès 1903, deux anciens élèves de St Martial deviennent ministres de l’Intérieur et de l’Instruction Publique. C’est là le début d’une longue liste d’anciens qui prendront des responsabilités dans la société haïtienne et ailleurs.

Le Petit Séminaire Collège Saint Martial (PSCSM) fut créé pour la formation des prêtres d’Haïti. Plusieurs membres du clergé haïtien y ont reçu leur formation, nous voulons citer entre autres le Premier Cardinal haïtien son Éminence Mgr Chibly Langlois et l’actuel archevêque de Port-au-Prince, Monseigneur Guire Poulard. Mgr Jean Marie Guilloux introduisit en Haïti la Congrégation du St Esprit qui prit en charge le Petit Séminaire Collège Saint Martial le 4 Avril 1871. En 1922 la chapelle fut construite pour les besoins du Collège. Mais malheureusement elle fut gravement endommagée par le tremblement de terre du 12 Janvier 2010.

Certaines réalisations des Pères du St Esprit

Nous allons mentionner certaines réalisations des Pères du St Esprit. La plus importante des œuvres des Pères du St Esprit demeure l’éducation primaire et secondaire. Le Petit Séminaire Collège Saint Martial cultive l’option de l’excellence et développe continuellement un enseignement et un leadership de grande qualité, à tous les niveaux. Son programme d'éducation se distingue par les attentes élevées et la réussite pour tous. Il est adapté aux besoins d'apprentissage des jeunes du sexe masculin.

L’apport artistique du Petit Séminaire, au cours des ans, est aussi bien connu. La peinture, la photographie, le piano, la musique instrumentale occupèrent une large place dans l’enseignement donné aux écoliers.

Le Petit Séminaire contribua à la création, en 1882, d’une Société de Sciences et de Géographie. Le Père Daniel Weik mit sur pied l’Observatoire Météorologique dont la réputation d’excellence a traversé nos frontières. L’Observatoire qui fut, pendant de longues années, le seul dans la Caraïbe, par son bulletin annuel, atteignit les observatoires du monde entier auxquels il rendit d’éminents services.

Ils créèrent la même année, la Bibliothèque Haïtienne des Pères du Saint-Esprit (BHPSE), en vue de réunir une documentation sur différents thèmes tels que:

  •  Haïti (histoire, littérature, culture),
  •  Histoire des Amériques, spécialement de la Caraïbe,
  •  Histoire de l’esclavage dans le monde,
  •  Histoire des réfugiés haïtiens et de l’économie haïtienne.

 

La BHPSE est devenue l’une des plus importantes institutions de conservation du patrimoine haïtien, prisée par les étudiants et les chercheurs. Elle compte aujourd’hui plus de 20000 ouvrages de référence.

Seul établissement secondaire dans la capitale, dirigé par les prêtres, St Martial reste pour les élèves, une source de grande inspiration. La tradition s’est conservée pendant longtemps de dispenser surtout la culture gréco-latine, selon le programme officiel du Ministère de l’Éducation Nationale.

Mais voici que les œuvres demandèrent  à prospérer et poussèrent de nouvelles branches, et alors naquirent la J.E.C., la Croisade, les Scouts, les Guides, la Légion de Marie, qu’il fallait encadrer. C’est sur les heures de loisirs qu’il faut prendre du temps et, parfois sur le sommeil.

Les activités des Pères du Saint-Esprit se retrouvèrent à Kenscoff, à Pétion-Ville et à Carrefour à la maison de Rééducation et d’Orientation Professionnelle.

A la suite de multiples incendies, en 1873, le Père Daniel Weik créa avec les grands élèves du PSCSM le Corps Volontaire des Pompiers qui vint au secours de plusieurs habitants de Port-au-Prince pour sauver des vies.

En 1948, des prêtres haïtiens arrivèrent au collège, il s’agit des Pères Antoine Adrien, Williams Smarth et Max Dominique. Ils y ajoutèrent de précieuses touches culturelles locales, comme l’utilisation du créole (notamment en liturgie), ils se firent accompagnateurs et inculquèrent aux élèves le sens de la dignité et du respect de l’adversaire… autant de valeurs qui font des spiritains des pionniers dans bien de domaines.

Jusque dans les années 70, les prêtres ont tenu des retraites annuelles à Saint Martial et à Sainte Rose de Lima de Port-au-Prince. Les Pères ont été sollicités d’étendre leur action apostolique : l’Aumônerie de l’Orpheline de la Madeleine, les services aux religieuses du Bel-Air, d’Elie Dubois, d’Externat la Providence, de Mère Louise, les orgues de la Cathédrale, la Paroisse des fidèles de langue anglaise, les interventions au Grand Séminaire, la Chapelle de secours de Saint Louis de Turgeau, de Saint Martin etc. Cette action apostolique comprenait des sermons réguliers et de circonstances, des retraites, des heures de confessionnal, des cours de catéchisme, des conférences. Tout cela demande un surcroît de travail des professeurs qui auraient déjà assez de leurs classes et des cahiers de devoirs à corriger.

En 1967, le district spiritain d'Haïti comprenait 34 pères et 2 Frères. Les pères Antoine Adrien, Jean-Claude Bajeux, Gabriel Berthaud, Eugène Brisson, Paul-Jean Claude, Max Dominique, Romain Eschrich, Pierre Fertin, Joseph Gasser, Alphonse Gilbert, Antoine Gisler, Alphonse Gossé, Laurent Henninger, Émile Jacquot, Charles Jaffré, Jean Le Gall, Lucien Lorber, Henri Monni, Émile Poulard, Paddy Poux, Bernard Potvin, Ambroise Schippers, Antoine Schmitt, Victor Schneider, Ernst Schumacher, René Soler, Christian Spaans, Gilbert Trochet, Jean-Yves Urfié, Ernst Verdieu, Gerard Bissainthe, Paul Pereira, Muller, Groot et Offtinger et les Frères Jean-Marie Alliot et Bénilde Le Roux.

Les Spiritains connurent, pendant des années, des persécutions et maintes menaces du régime de François Duvalier qui finalement les ont expulsés du pays sous le fallacieux prétexte d’aider les communistes à assauter le pouvoir. À l'aéroport de Port-au-Prince, le 19 septembre 1969, réunis au salon des ambassadeurs, les derniers spiritains quittant Haïti, furent P. Eugène Brisson, P. Émile Poulard, P. Gilbert Trocher, P. Alphonse Gossé, P. Henri Monnin, en compagnie des salésiens P. Mésidor, P. Volel, et des Frères de l'Instruction chrétienne (FIC) F. Anatole, F. Ménard, F. Michel, F. Éric.

J’emprunte les trois prochains paragraphes à Émile Jacquot dans Les spiritains en Haïti sous le régime du docteur François Duvalier Tribulations et expulsion (1957-1969)

« Tous les spiritains d'Haïti tenaient à revenir prendre leur place dans le pays, mais en attendant cette heure tant souhaitée, certains allèrent travailler au loin, au Congo, au Gabon, en Centrafrique ; d'autres restèrent à proximité d'Haïti, en Guadeloupe, en Martinique ; d'autres attendirent en France, les yeux et les cœurs des uns et des autres toujours tournés vers Haïti. Cette expulsion fut pour tous une lourde épreuve. Ils abandonnaient le fruit de tant d'efforts, tout ce qui jusque-là avait donné un sens à leur vie. Ils laissaient sans prêtres des populations auxquelles ils étaient profondément attachés, et pour les spiritains originaires d'Haïti, des parents et des amis qu'ils ne pourraient revoir avant longtemps. À ces souffrances, s'ajoutait le sentiment combien douloureux de ne pas avoir été défendus par le Hiérarchie de l'Église d'Haïti.

Pour certains spiritains plus profondément touchés, cette expulsion fut une épreuve insoutenable et leur confiance en l'Église en fut ébranlée. Quelques-uns d'entre eux recommencèrent une nouvelle vie et choisirent de servir leurs frères autrement. Leurs confrères partagèrent leur déchirement et prirent part à leur profonde souffrance.

Certaines santés ne résistèrent pas à ce choc. Le père Émile Poulard mourut trois ans plus tard, après une longue et douloureuse maladie, en offrant ses souffrances pour ces paysans haïtiens de Kenscoff, dont il avait été si proche, et dont le souvenir ne le quittait pas. Huit mois plus tard, décédait le père Jean-Baptiste Bettembourg qui, sur son lit de mort, offrit sa vie pour ce pays d'Haïti qu'il avait servi avec tout son dévouement pendant de longues années. Tous les deux ajoutèrent leur nom à la longue liste des 69 spiritains qui, depuis 1860, reposent en terre haïtienne pour qu'enfin ce pays vive! »

 

Saint Martial après le départ des Spiritains.

Après le départ des Spiritains, les diocésains de l’Archevêché de Port-au-Prince reprirent la direction du collège.

Le nouveau directeur Rev. P. Jean Adrien Vil écrivit à ce moment «  Le Petit Séminaire Collège St Martial continue encore aujourd’hui d’ouvrir ses portes aux jeunes de toutes les couches sociales du pays. Il veut donner à chaque jeune la chance de se former. Le seul prérequis c’est d’être un homme. Il suffit de le vouloir pour entrer au collège et y faire ses études ».

Tiré d’un texte de Jacques Michel Gourgues :

« Rentrée d’octobre 1969 : C’est le commencement d’une nouvelle administration ; très peu d’anciens se retrouvent. De nouveaux visages arrivent. Le noyau des anciens qui y restent veulent maintenir l’esprit qui a toujours caractérisé les élèves de St. Martial. C’est une lutte de tous les instants.

Tout au long des six ans de mon passage, on s’est battu pour que l’image, la tradition, soient toujours respectées malgré certains heurts avec la direction.

Nos professeurs, laïcs pour la plupart, ont œuvré à rehausser la qualité de l’éducation qui a marqué notre Collège et ont entretenu la flamme laissée par les Spiritains. Dans cet ordre d’idées, on s’est toujours retrouvé dans toutes les manifestations estudiantines, dans des activités de reboisement et de sensibilisation pour la protection du Morne l’Hôpital.

Espérons que ce même état d’esprit qui nous a animés durant toutes ces années se perpétue à travers les autres générations présentes ou futures. »

En Décembre 1986, les Spiritains reviennent en Haïti après 17 ans d’exil. Ils ne reprennent la charge du PSCSM qu’en juin 1995, pour constater l’état vétuste des bâtiments et engager de grands travaux de rénovation ainsi que des réformes pédagogiques. En termes d’infrastructures, ils n’ont pas retrouvé ce qu’ils avaient laissé. Mais ils ont au moins retrouvé une force, une tradition …

Alors qu’il était revenu en bon état et à son plein rendement, le PSCSM fut terriblement touché par le séisme du 12 Janvier 2010. La majorité des bâtiments du complexe furent détruits, d’autres très endommagés. Une tranche d’histoire s’est arrêtée ce jour-là.

Des hangars ont été construits pour accueillir provisoirement les élèves, et l’école fut assez rapidement ré-ouverte. Face à cette catastrophe, il a fallu du temps pour remettre les ‘pieds sur terre’, se réorganiser et penser à redonner au collège les structures adaptées qu’il mérite…

Ma vie à St. Martial

J’ai passé mon enfance et mon adolescence à l’ombre du Petit Séminaire Collège Saint Martial. Mon père dirigeait une école nationale de garçons Jean François Cauvin, située à la Rue Geffrard en face des Archives Nationales.

A l’âge de six ans, mon père, un ancien de Saint Martial, m’inscrivit au Séminaire. En ce premier lundi du mois d’octobre 1947, je traversai la grande barrière verte sur laquelle en arc de cercle était inscrit « PETIT SEMINAIRE COLLEGE SAINT MARTIAL » que je ne pouvais pas encore lire.

En face, se dressait l’immeuble central logeant les pères, leur réfectoire et la Bibliothèque Haïtienne des Pères du Saint Esprit; avec l’horloge et dessus la moto « DEI VIRTUS » A côté, la chapelle dédiée à Notre Dame des Victoires au-devant de laquelle se trouve encore bien plantée, « la frangipane blanche au duvet de satin ». À gauche se situe l’aile primaire à trois étages. À droite, après avoir traversé la grande cour, le bâtiment des secondaires. Je fus accompagné en classe de 12ème par Mère Alphonse, institutrice filiforme. En ce temps-là, j’étais très chétif et elle m’accueillit comme une mère, prenant un réel soin de moi. Je ne me souviens pas des petits qui étaient avec moi dans cette classe. Par contre, je me souviens que la 12ème était dans une bâtisse en bois où devait être construit bien longtemps après le bâtiment moderne des secondaires.

En 11ème c’était Mère Félicienne, elle, par contre, assez ronde. Avec elle les choses devenaient un petit peu plus sérieuses. Elle nous a préparés à l’une des plus grandes joies de notre vie : notre première communion. Elle nous a fait la retraite qu’il fallait suivre pieusement. Les sujets principaux étaient des passages de l’ancien et du nouveau Testament. Tout n’était pas toujours bien compris, mais tout était accepté religieusement.

Le 8 mai 1948, habillé de blanc, scapulaire au cou et livre de prières en mains j’ai reçu le corps du Christ. Ensuite après avoir pris les photos chez Abraham  et rendu visite à quelques membres de la famille, j’ai participé au petit dîner de circonstance.

Les années du primaire se sont passées dans une symbiose parfaite. Mon père connaissait tous les professeurs, de maître Joseph en 10ème, en passant par maître Jean-Pierre en 9ème qui même en classe n’arrêtait pas de sucer les petites surettes achetées de Pierre, le vendeur, qui  avait l’exclusivité de la vente dans la cour. En 7ème j’avais comme professeur maître Béranger qui enseignait en 7ème B et qui était en compétition permanente avec maître Roger Mortes de 7ème A, qui affichait un air sérieux avec ses élèves. Il était aussi chef scout. Il ne faut pas oublier Maître Lovelas responsable de la 8eme A.

La proximité de mon père avec les enseignants de St Martial avait des avantages certes mais aussi beaucoup d’inconvénients. Il était au courant de mon travail à l’école presque jour après jour. Je ne devais pas attendre le carnet scolaire de fin de mois pour être grondé le cas échéant, cela se faisait à chaque passage des professeurs amis, à la maison.

Et pourtant en primaire, je n’étais pas un mauvais élève. J’excellais dans mes matières préférées, en français (rédaction et dictée), la géographie (la partie physique : plaines, montagnes, océans, continents, lacs), la partie économique (ressources naturelles, production et transformation), l’histoire sainte. Par contre,  j’étais plutôt faible en arithmétique. 

La principale animation de cette section était un petit football qui se jouait sous la galerie de la chapelle; football très corsé dont la boule était n’importe quoi, lam veritab, boul krepsol, boul tennis, boul chosèt, ti bwat lèt, grenn zaboka, boul toil, ti roch. Une vingtaine d’enfants, comme de petits singes, courait après ces ballons de fortune. Un jour, à ce jeu, j’ai reçu un coup de botte ferrée de Jean Claude Paul, futur colonel de l’armée d’Haïti, qui me laissa des blessures et des traces permanentes.

En 9ème, j’ai été choisi pour souhaiter, en anglais, la bienvenue au Supérieur des Pères du Saint Esprit. Affublé d’un petit costume de page, de satin blanc, portant pour la première fois un petit caleçon, d’un ton ferme et naturel, je récitai : “We welcome you to Haiti, and the people, that Libermann loved, wishes You a good stay in our country”. Pas mal, hein !

Pendant mon séjour à la section primaire, j’ai assisté à la représentation de deux pièces de théâtre de haute facture : Jeanne d’Arc et Notre Dame de Fatima sous la direction du metteur en scène Gabriel Imbert, aussi notre professeur de dessin.  Les fonds provenant des représentations, concerts, fêtes, et banquets servaient à l’avancement des travaux des deux bâtiments du Secondaire et du Primaire.

La chorale dont je faisais partie jusqu’à la fin de mes études a évolué à des époques différentes, sous la baguette des Pères Muller, Lux, Schmidt et Adrien (Ti Pike), éminent professeur d’histoire d’Haïti et grand promoteur de sports. Toujours avec le Père Oftinger à l’harmonium, j’ai gardé de ce temps-là le goût des chants grégoriens et de la musique classique.

La fanfare, sous la conduite du Père Plancherel, déambulait dans les rues de Port-au-Prince à l’occasion de la Fête-Dieu. Les musiciens prenaient beaucoup de plaisir et d’orgueil à leur prestation et aux applaudissements qu’ils recevaient.

J’ai eu le bonheur d’assister à la construction des deux bâtiments modernes du Collège, le secondaire d’abord, en 1954, le primaire ensuite en 1956. Ces deux édifices devaient contribuer à une éducation d'excellence conçue pour tous à St Martial. Le Père Grinenberger, grâce à ses relations dans le commerce et dans la politique (au plus haut niveau) était la force motrice derrière ces réalisations. En ce sens il était aussi aidé par le Président de l’Amicale des Anciens Élèves de St Martial M. Antoine Dufort.

Des salles de classes spacieuses et bien éclairées, des cloisons mobiles en  vue d’agrandir les disponibilités d’accommodation, de grands tableaux verts, des pupitres individuels : tout était pensé pour donner à l’élève un environnement qui n’avait pas son pareil en Haïti.

Sur la grande cour, déjà l’adolescence, pas encore la puberté. Insouciante jeunesse!  La vie religieuse prenait les contours des principales fêtes de la liturgie catholique, des confessions, des cours de religion, de la récitation du chapelet, et j’en passe.

La messe du dimanche exigeait le port de l’uniforme : costume blanc avec pantalon long à partir de la troisième. La cérémonie se déroulait comme un papier à musique. Etaient connus d’avance ceux qui avaient les tâches d’enfants de chœur, de ramasseurs de quête. On devait s’asseoir et se lever sans faire de bruit, cependant on devait chanter très fort. Silence absolu à l’homélie ou au sermon. La rentrée et la sortie se déroulaient dans la plus parfaite discipline.

Côté académique: les œuvres classiques de la littérature française, le latin (Homo sum et nihil humani ne me alienum potest), le grec « Connais-toi toi-même », et des auteurs de la littérature haïtienne, ajouté à tout cela le curriculum du Ministère de l’Education Nationale à tous les niveaux. Nous avions toujours maintenu de très bonne relations de voisinage avec les élèves et les professeurs du Lycée Pétion pour nos jeux, nos blagues et pour parfaire nos connaissances.

 Au secondaire, nous rencontrons des personnalités inoubliables. Les supérieurs, Le Bihan toujours vêtu de noir, Greenenberger et Berthaud par la suite. Les préfets de discipline: Jaffré avec sa longue barbe sel et poivre, et Groot, le Hollandais qui disait à tue tète. “Quand le Père Groot seront préfet tous les élèves sera punis.” Poulard, le fouineur de belles photos, bon professeur mais surtout, excellent photographe. Quel que soit le sujet qu’il photographiait, monuments historiques, places publiques, la Cité de l’Exposition, la faune et la flore de Kenscoff et de Furcy, était transformé en œuvre d’art avec une maîtrise de la lumière aux différentes heures de la journée.

Offtingen, lui, brillait en interprétant à l’harmonium de St Martial et aux grandes orgues de la Cathédrale, des œuvres des grands maîtres de la musique religieuse. Le Palud, le dandy privilégié, toujours cigarette au bec, aumônier à Sainte Rose de Lima. Gasser, professeur de sciences naturelles et aussi principal célébrant de la saison pascale ; Grétillat, professeur de physique et chimie qui faisait changer les liquides de couleurs et exploser de petits trucs. Schumaker, le grand mathématicien. John Bull et Potvin: our English teachers. Henninger, dur mais sympathique avec sa voix rauque ; Gisler émérite professeur de philosophie qui a laissé une empreinte indélébile à la promotion de 1961. Mais le plus succulent de tous est sans conteste: Natier (Parenn) pour  nous tous. A chacun ses souvenirs de lui… Il faut aussi mentionner M. Ernst Trouillot, professeur d’histoire d’Haïti, qui remplaça Ti Pike promu au poste de Supérieur de la Congrégation en Haïti, et qui, finalement a failli perdre sa face à force de l’essuyer! J’allais oublier Morvan, professeur de maths, dont l’une de ses tâches était la planification et la supervision des kermesses organisées par les dames patronnesses.

Avant d’occuper le poste de Supérieur, Père Grinenberger, était un préfet qui ne plaisantait pas avec la discipline. Lors de l’envoi du drapeau, toute fausse note de notre condisciple Lyonel Laurenceau au piston, devrait être corrigée à l’instant même. Pendant ce temps personne ne prendrait la chance de se moquer du musicien. De ce même Laurenceau réveillé en sursaut par une question du Père Natier nous avons ce petit joyau: « Petit à petit l’oiseau fait son nid et une fois le nid fait, il ne restait plus qu’à pondre les œufs de la révolution ». Cris de joie ! Lyonel Laurenceau est depuis des années classé comme l’un de nos plus grands peintres !

Un jour, quatre d’entre nous préparaient les examens de fin d’études secondaires, sous la tonnelle de la vigne de Mr Timoléon C. Brutus. Soudain, l’envie nous prit de détacher à la hâte quelques grenn de la grappe qui constituait une pièce de musée. Il nous surveillait au haut du balcon. Soudain, des pas dans l’escalier et le patriarche de flanquer sur la table une grande bouteille d’eau en disant : “Messieurs si vous aviez faim, vous devez aussi avoir soif”. C’était un crime de lèse-majesté. Évidemment, on a filé sur la pointe des pieds.

Déjà pointait en votre serviteur, le « militant » de demain. Grève des étudiants contre François Duvalier. Pour la réussite de ce mot d’ordre, Jean Claude Brutus et moi, suivant les directives du Père Verdieu, avions placé dans le casier de chaque élève des classes terminales, le trac suivant: “Au nom de la solidarité estudiantine, restez chez vous”. Ah, je l’ai échappé bel, par la suite!

Dans nos vies, il y avait aussi les filles de Lalue, du Sacré Coeur et du Lycée des Jeunes Filles, les bals, Paramount, Capitol, Rex et le Stade Sylvio Cator. Rien qu’à les voir nous devenions poètes, chanteurs et musiciens. Le soir, c’était la tournée des zones interdites, et aussi la chasse aux chiens errants de la ville qu’on prenait plaisir à taquiner. Ah, cet âge est sans pitié! Les frais de scolarité en philo : 40 gourdes

Arrivent les examens du Bac I à l’École République du Venezuela et de la Philo au Lycée de Jeunes Filles: réussite totale. Là commence aussi cette sévère ponction vers l’étranger. Resté au pays, la responsabilité de la Bibliothèque et de la Procure des Jeunes fondées par le Père Gérard Bissainthe m’a été confiée. Cette bibliothèque ouverte à tous les élèves de la capitale comportait sur ses rayons des livres, magasines et bulletins que l’on ne trouvait pas ailleurs.

J’ai commencé la nouvelle étape de ma vie en prenant des cours de comptabilité chez Craan avec mon compère Serge Dodard. Puis diplômé de l’Institut des Hautes Études Commerciales et Économiques (IHECE). Premier boulot, au Rhum Barbancourt, grâce à la gentillesse de Loulou Gardère. Ce travail m’avait porté à faire la connaissance de Bacchus, et m’avait laissé des habitudes chancelantes.

Après quelques années, dans une conjoncture politique très difficile, j’ai dû moi aussi laisser le pays. Aux États-Unis à New York, marié, père d’un garçon et d’une fille qui m’ont gratifié de beaux petits-enfants. Avant de laisser les USA, j’ai pu décrocher un diplôme de Baruch College, CUNY, Major in Accounting.

De retour en Haïti, j’ai eu deux autres enfants. Mon parcours professionnel inclut: les banques, l’administration publique, la direction  de microfinance/ microentreprises, les organismes non gouvernementaux, les entreprises privées, co-fondateur d’une firme de consultation, membre de faculté, ministre et un coup de main à l’Association Amicale du Petit Séminaire Collège St Martial avec les Pères Antoine Adrien et Max Dominique. Toujours passionné d’art et de diversité culturelle. A part les problèmes de santé inhérents au troisième âge, je dois rendre grâce à Dieu de m’avoir pris en main en m’inculquant l’humilité, la modestie, la solidarité et l’engagement social.

Saint Martial a distillé à notre promotion un bagage immense et incommensurable que, malgré ses faiblesses et lacunes, nous portons haut en nous. Aujourd’hui je suis ce que je suis. Un être imparfait certes, et rempli de contradictions mais toujours à la recherche du beau et du bien. Vir bonus!

Nos retrouvailles célébrant le 45ème anniversaire de notre promotion ont eu lieu en Juillet 2006 à Montréal. Merci à Claudy Dominique, Hans Fleury et Robert Gardère d’avoir organisé ces agapes. Merci aux familles qui nous ont supportés toutes ces années durant notre passage au Collège. Quelle grande chance d’avoir eu pendant très longtemps des amis comme ceux-là ! Merci aussi à Roger Dérosena, notre petit Déro national

Les éléments d’une éducation d'excellence conçue pour tous

Retournons au cœur de notre sujet. Célébrer l’excellence dans le système scolaire, c’est reconnaître qu’il y a des élèves et des enseignants qui travaillent sérieusement et qui méritent qu’on leur apporte tout le support nécessaire. L’objectif c’est  de récompenser et  surtout d’encourager les acteurs à mieux faire.

Petit Séminaire Collège Saint Martial s’appuie sur le  monde de la recherche, de l'innovation et de la créativité en enseignement et en apprentissage qui sont déjà à l'œuvre dans les salles de classe. Le système d'éducation est en mesure d'intégrer des changements concrets et positifs. Nous savons que pour instaurer un meilleur système, nous devons valoriser les efforts des professionnels de l'éducation.

L’objectif du PSCSM est d’accueillir des élèves à potentiel qui ne disposent pas, dans leur environnement, des conditions propices à l’exploitation de ce potentiel, dans le sens de la réussite scolaire ou dans l’élaboration d’un projet ambitieux.

Pour ce faire un programme est mis sur pieds dont les objectifs sont :

• Encourager le développement d’un plus haut niveau de raisonnement;
• Veiller à ce que chaque enfant ait l’opportunité d’avoir accès à une éducation de base de qualité grâce à un enseignement bien conçu délivré par des maîtres qualifiés;

• Permettre à chaque enfant de développer au maximum ses potentiels.

• Améliorer la connaissance des parents et leur implication dans le processus d’apprentissage de leurs enfants ;
• Promouvoir la tolérance et la compréhension ;

 

Dans cet esprit, l’école propose les services suivants :

• préscolaire
• école primaire

• école secondaire
• classes de rattrapage
• apprentissage à distance (par internet) pour certains cours ;
• activités extra-éducatives : le sport, la musique, les arts, le théâtre, etc. ; 
• bibliothèque
 

Les activités suivantes sont aussi à mentionner :

• Championnats interscolaires ;
• Excursions, visites interscolaires, visites des sites historiques ;
• Génie interscolaire ;
• Implication des enfants dans les activités de sensibilisation communautaire ;

• Principes d’hygiène personnelle
• Programme d’éducation à l’environnement et à l’écologie.

 

L’enseignement

La qualité du projet pédagogique et éducatif de PSCSM contribue activement à la socialisation et à la réussite scolaire des élèves. Cette démarche est basée sur l’évaluation. Pour Saint Martial l’évaluation joue un rôle essentiel dans l’apprentissage, dans la motivation des élèves et dans le travail des enseignants. Sans évaluation, il n’y a ni réussite ni échec scolaire. C’est par là que tout le monde passe !

Saint Martial attend de ses élèves que les cinq règles de base suivantes soient appliquées à tout moment:

• Donner le maximum de soi dans ce qu’on entreprend

• Être poli et tolérant

• Écouter et respecter les autres

• Être honnête et serviable

• Respecter le matériel

 

De sa fondation à nos jours, Saint Martial a œuvré pour garantir à tous l’accès à un minimum de savoirs et de compétences, permettant à chacun d’échapper à l’exclusion sociale. L’attention se porte sur les « besoins particuliers » de chaque élève ou catégorie d’élèves en vue de permettre l’épanouissement des talents et la découverte par chacun de son excellence propre. Pour cela, il convient d’offrir à tous les élèves des conditions de travail et un environnement scolaire stimulant afin d’atteindre cette excellence qui nous tient tous à cœur.

Formation des maîtres

Les maîtres à St Martial sont formés par des instances proposées à cette fin. La formation des enseignants a pour finalités la transmission de connaissances, de compétences, de savoir être, d’éducation à la citoyenneté, de socialisation, d’ouverture aux autres et de formation adaptée au monde du travail. En outre leur travail englobe aussi l’attribution des notes, l’évaluation des élèves, l’orientation scolaire, la construction des épreuves et des barèmes en un mot la formation vers la réussite

Il est notoire qu'un enseignement de qualité est un des éléments essentiels pour obtenir de bons acquis d'apprentissage, en développant les connaissances, les compétences, les attitudes et les valeurs dont les apprenants ont besoin pour se réaliser pleinement, tant à titre personnel que comme membres actifs de la société. C’est ce bagage que Saint Martial fournit à ses enseignants.

Certains maîtres s’appliquent d’ailleurs à atténuer les jugements des élèves les uns sur les autres, à maintenir la bonne harmonie. Ils apportent un soin particulier aux élèves qui ont certaines déficiences, par exemple, leurs textes sont illisibles, leurs explications incompréhensibles, leurs calculs fantaisistes ou leur travail à peine ébauché quand d’autres ont déjà fini.

 

La réelle prise en charge des élèves

Les élèves à Saint Martial viennent d’horizons divers. Les responsables pensent qu’une attitude correcte des élèves est une des conditions essentielles pour que le processus d’enseignement et d’apprentissage puisse se dérouler de façon efficace.

Ils peuvent identifier ceux qui lisent bien, ceux qui calculent de tête le plus vite. Ils peuvent aussi identifier ceux, qui expliquent sans peine les mots difficiles, ceux qui sont capables d’animer une discussion, ceux qui sont " forts en math ", ceux pour lesquels l’orthographe n’a pas de secret. Ceux-là, par solidarité agissante, sont toujours prêts à aider leurs amis d’un niveau plus moyen ou tout à fait médiocre dans ces domaines, à surmonter leurs difficultés que ce soit dans la construction des figures les plus compliquées ou le résumé de certains textes bien charpentés.

Les élèves dits faibles, pourtant, possèdent des qualités morales, qui renvoient, soit à l’élève lui-même, soit à sa famille qui  a su faire tous les sacrifices possibles et inimaginables afin de les doter ainsi d’une scolarité qui serait à coup sûr réussie, si elle ne se trouvait entravée par des conditions socio-économiques défavorables. Ces élèves savent qu’ils peuvent compter sur le soutien des enseignants ou des adultes qui les encadrent.  

Un bilan amplement positif pour les élèves bénéficiaires. En effet, pour la majorité de ces adolescents, les résultats scolaires, grâce aux efforts des professeurs et de leurs condisciples, ont eu plutôt tendance à s’améliorer, leur implication dans le travail s’est intensifiée, leur confiance en eux semble  affermie, et l’on peut même parler, pour eux, d’un certain bien-être à l’école. L’élève doit optimiser son temps de travail. Tout doit tendre vers l’objectif de l’excellence. En conséquence, l’emploi du temps à St Martial est singulièrement rempli, peu de temps vide, peu de temps non affecté à une activité scolaire ou autre.

Quartier, famille, cercle amical, camarades de classe risquent d’avoir sur les élèves des effets délétères dont l’impact peut être fatal à l’expression de leurs potentialités. L’idée est de les encadrer afin d’éviter toutes déviances. Et la première des déviances c'est la violence de l'échec scolaire, de l'inégalité qui entraîne la misère, l'exclusion, l'ignorance, la résignation, le désespoir et le décrochage.

Les relations de l’école avec parents

Les adultes qui prennent en charge les élèves, payant de leur personne, trouvent une indéniable satisfaction à accompagner, encourager, soutenir, stimuler, des élèves.

Quant aux parents recherchant l’excellence, la présence de leur enfant dans ce collège semble combiner pour eux quatre effets: soulagement (de voir leur enfant éviter les effets délétères), satisfaction (de le voir pris en charge par une équipe compétente et motivée), fierté (d’avoir vu leur enfant sélectionné dans un dispositif sélectif) et espoir (de réussite scolaire). C’est en quelque sorte la substance de l’excellence scolaire.

On a aussi noté des modifications sensibles dans les relations mutuelles entre établissement et parents qui construisent peu à peu des rapports de confiance.

Les résultats des valeurs d’excellence

La pratique de l’excellence amène aux valeurs suivantes que certains St Martialois ont exprimées dans leurs écrits et dans leurs conversations :

L’amour de Dieu et de la Patrie, le respect de l’autre, l’engagement social et la solidarité responsable, la promotion humaine et chrétienne des pauvres. 

Le culte de la dignité et l’honneur.

La volonté constante de dépassement de soi-même.

Le goût et la satisfaction du travail bien fait et du devoir accompli.

Le privilège d’une formation de base, sérieuse et équilibrée, définie selon des standards d’excellence de classe internationale.

L’esprit et le sens de la discipline, l’amour de la liberté.

L’esprit critique.

Le sens de raisonnement et d’appréciation.

La créativité.

Le bien-être physique au plus haut point possible.

L’amour de notre culture.

 

Temoignages de St Martialois

Je veux mentionner ici les témoignages d’anciens du Séminaire ou d’étrangers qu’ils soient encore en vie ou qu’ils nous ont malheureusement quittés pour rejoindre les Spiritains décédés.

Déjà un diplomate français de l’époque a pu écrire dans le journal LE PEUPLE, mars 1875: « le collège a le même programme que celui des lycées d’Europe. Il possède une bibliothèque et un cabinet d’histoire naturelle, Il bénéficie même d’une piscine où les enfants peuvent apprendre la natation. ».

 « Le Petit Séminaire Collège Saint Martial où j’ai fait mes études secondaires de 1924 à 1938 nous dit Pradel Pompilus, Docteur ès lettres (Sorbonne), a été l’un des meilleurs collèges du monde pour l’enseignement des humanités classiques notamment les langues française, latine et grecque ».

Et le professeur Guy Alexandre d’ajouter « …J’ai conscience d’avoir eu, par mon passage au Séminaire, le privilège d’une formation de base, sérieuse et équilibrée, définie selon des standards d’excellence de classe internationale. ».

Pour terminer cette session je laisse à la réflexion des jeunes ici présents les paroles du Docteur William Pape, Directeur de GHESKIO, qui a eu la gentillesse de m’envoyer cet éloquent témoignage. Merci Bill.

« Ce que je dois au Petit Séminaire Collège Saint Martial

J’ai fait toutes mes classes au Petit Séminaire Collège Saint Martial. C’est une Ecole qui n’est pas comme les autres. Saint Martial a nourri mon esprit. Saint Martial m’a inculqué les valeurs morales qui me servent de boussole. Saint Martial a forgé mon caractère. 

A Saint Martial j’ai rencontré des camarades de toute catégorie sociale. ‎J'ai appris à les connaitre et à les apprécier. C’est à Saint Martial que j’ai commencé à jouer au sport d’équipe. Plus tard je comprendrai le rôle du travail en commun dans la vie de tous les jours. Pour entreprendre des œuvres importantes il faut travailler en équipe. Chacun, du plus petit au plus grand, doit jouer sa partition. Le Père Adrien, « Ti Piqué », a été à la fois notre brillant professeur d’histoire d’Haïti et notre supporteur inconditionnel dans le sport.  

Saint Martial c’est aussi une famille. La plupart de ‎mes amis aujourd’hui sont ceux que j’ai connus à Saint Martial.

Saint Martial m’a appris à tout questionner. Saint Martial m’a appris à mieux connaitre mon pays et à vouloir le changer pour le mieux.  

Saint Martial forme avant tout des hommes en leur inculquant les vraies valeurs : nos dévoués éducateurs nous ont appris que :

  • Les privilèges entrainent nécessairement des responsabilités, responsabilités envers notre famille, notre école, notre pays.  
  • La réussite, quelque soient les talents, nécessite l’effort et l’effort soutenu. 
  • Qu’il y aura de multiples obstacles, et mêmes des échecs qu’il faudra surmonter. Que vous serez plus forts si vous vous relevez après être tombé ; que vous arriverez à sauter au-dessus des barrières dressées l’une après l’autre contre vous, car ces multiples obstacles, ces luttes vous endurciront et feront de vous des hommes et des femmes.
  • A CEUX QUI ONT BEAUCOUP RECU, IL SERA BEAUCOUP DEMANDE. »

 Bill Pape

 

Au Petit Séminaire Collège Saint Martial: Une éducation d'excellence conçue pour tous.

En guise de conclusion, je dirai que :

Le Petit Séminaire Collège Saint Martial assure la réussite et le bien-être de chaque élève et de chaque enfant. Les élèves acquièrent les connaissances, les compétences et les qualités qui leur permettront de devenir des citoyens épanouis dans leur vie personnelle, productifs sur le plan économique et engagés dans leur communauté.

Arrivé en Allemagne Fédérale, où il fit ses études supérieures, José St Firmin, Ingénieur, ancien de St Martial fit ce constat:

« Comment un pays aussi pauvre qu’Haïti pouvait-il disposer d’une structure (programme) d’enseignement en tous points valables, sinon supérieure à celle des pays nettement plus avancés. » Le haut niveau des enseignements était unique. Le système de tests à outrance, de devoirs écrits, sans parler du perfectionnisme recherché, ont fait leur chemin. Les St. Martialois ne passent pas inaperçus.»

Malheureusement, le 12 janvier 2010, un violent séisme a ravagé la région de Port-au-Prince. L’ensemble des bâtiments du PSCSM a été détruit. Des structures provisoires ont été rapidement montées pour permettre à l’école de rester ouverte. Mais, 5 ans après la catastrophe, profitant de la dynamique qu’offre le jubilé, il est devenu pour nous indispensable d’agir concrètement.

Motivés par nos ambitions de toujours et par les défis nouveaux auxquels il nous faut faire face, le Supérieur de St. Martial le Père Rulx Alcinéus André, la Direction et l’Administration du Collège, l’Amicale des Anciens ont élaboré un programme précis afin de mobiliser les fonds nécessaires qui nous permettront    d’atteindre les objectifs que nous nous sommes fixés.

Chers amis de l’assistance, la balle est maintenant dans votre camp pour la reconstruction de St Martial. PSCSM a préparé, en ce sens, un projet détaillé bien conçu. Il demande l’appui et le concours du plus grand nombre de partenaires. L’institution compte sur vos actions positives et votre générosité. Certains, comme la Fondation DIGICEL, se sont déjà manifestés. Cette conférence ne vous a pas été présentée, seulement pour rappeler les bons souvenirs de St. Martial. Elle constitue la deuxième étape du jubilé des 150 ans de façon à vous intéresser à ce que nous faisons en terme de reconstruction et solliciter votre contribution à quelque niveau que ce soit.

Nous vous remercions d’avance, pour votre solidarité. Nous vous remercions au nom de notre pays qui profitera du renouveau de Saint-Martial qui demeure une Force, une Tradition, une Famille… Le Petit Séminaire Collège Saint Martial, une richesse patrimoniale à pérenniser…

Je vous remercie, du fonds du coeur pour le temps que vous avez passé en ma compagnie.

 

Guy Paul

Promotion de 1961


Source : Saint-Martial Date : 05/07/2015